Fédération Nationale des Vodouisants Haïtiens
Mariani 15 Septembre 2005, Haïti
Max G. Beauvoir – Ati
Le 15 Avril 2005, un groupe de Vodouisants haïtiens venant de diverses régions du pays ainsi que de l’étranger, et couvrant divers secteurs d’intérêts religieux, sociaux, économiques et politiques de la vie nationale, se sont réunis en Fédération :
La Fédération Nationale
des Vodouisants Haïtiens ou (Federasyon Nasyonal Vodouyizan Ayisyen - F.N.V.A.)
Le 22 Août, ils organisèrent au restaurant Ritz Kinam II de Pétionville un colloque d’une journée sur le sujet « Bwa Kayiman, Vodou et Paix » où de nombreux conférenciers prirent la parole pour montrer combien les idées de paix, de justice sociale et de réconciliation sont nécessaires, et même vitales à notre société, tout particulièrement en ce moment. Il leur apparaît en effet que la mise en pratique par tous de ces valeurs est la seule formule qui soit capable de conduire notre pays vers son renouvellement, sa régénération, et d’abord sa survie.
La soirée se termina au Péristyle de Mariani où fut célébrée une cérémonie solennelle appropriée. Cette journée, malheureusement boycottée par le Ministère de la culture, se tint sous le haut patronage de S.E. Monsieur l’Ambassadeur Paulo Cordeiro de Andrade Pinto, Honorable Ambassadeur du Brésil en Haïti.
Ces Vodouisants décidèrent donc de coiffer toutes les organisations Vodou qui auraient existé préalablement, et ce afin de mieux répondre à l’Arrêté du Président de
la République
, Son Excellence Maître Boniface Alexandre, qui créa
la Commission Indépendante
pour
la Préparation
du Dialogue National.
Le but qu’ils se sont donné fut de mettre en place une structure vodou permanente, de recueillir des opinions, aussi divergentes qu’elles puissent être, dans un esprit de tolérance, de fraternité et d’hospitalité et d’offrir des suggestions efficaces au Gouvernement pour qu’enfin tous les enfants de ce pays arrivent à conclure entre eux un Pacte de fraternité, de solidarité et d’amour, d’alliance, manifestant ainsi leur désir de vivre ensemble dans la paix et dans la prospérité sur cette terre qui nous a été léguée par nos Ancêtres.
Pendant des mois, des réunions officielles se sont tenues chaque semaine au PERISTYLE de Mariani et les visites d’autres groupes intéressés, en particulier celles de politiciens, candidats aux prochaines élections, ont été vivement encouragées.
Dans les structures de cette Fédération des Vodouisants les titres de Président, vice – Président, Directeur Général et Secrétaire Général et autres, considérés comme dévalorisés par leurs usages en Haïti, ont été remplacés par ceux de Ati et de Ati Délégué national, régional et de zones, titres qui seront mieux compris par le Vodouisant, puisqu’il qui les connaît bien dans les noms sacrés ATI-bon Legba, Loko ATI-sou et ATI Danyi Gboloko.
Dans la langue des Ewé et des Fons du Bénin, anciennement connu sous le nom de Danwonmen, Ati veut dire le Très Grand Arbre, l’arbre le plus grand de la forêt, celui qui par son feuillage touffu protège toujours les jeunes pousses des ardeurs du soleil et de la pluie.
Les Ati du F.N.V.A. doivent donc pouvoir permettre aux plus faibles de prendre des forces et d’atteindre pleinement leur maturité. Atibon semble avoir été aussi un terme vénéré et consacré par les Ancêtres des Haïtiens. Ces derniers l’utilisèrent pour nommer les deux rives, nord et sud, qui sont baignées de façon continue par le seul fleuve qui arrose le sol de notre pays : ATIBON-ite, ito voulant dire fleuve dans ces mêmes langues.
Structure de la
Federasyon Nasyonal Vodouyizan Ayisyen (F.N.V.A)
Ati National: Max Beauvoir
Ati Déléguée Nationale : Carline Viergelin
I.- Département de l’Ouest
Ati. Jacques Nicolas
Ati Délégué: Junis St. Victor
1) Bel Air
Ati Roger Lacroix
Ati Délégué : Frantz Léveillé
2) Morne à Turf
Ati Jean-Jacques Jacques
Ati Délégué : Yvon Cazeau
3) Carrefour
Ati Jean Jacques Dieudonné
Ati Délégué : Yves Argilagos
4) Cité Soleil
Ati Julmis Pierre
Ati Délégué : Claude Henri Similien
5) Delmas
Ati Claude Saint Ange
6) Tabarre
Ati Ismaite André
7) Gressier - Léogane
Ati- Sélencieux Jean Claude
Ati Déléguée : Yveta Laguerre
8) Croix des Bouquets
Ati Nabal Guillaume
Ati Déléguée : Admise Christophe
9) Cabaret
Ati Alexandre Reynold
II.- Département du SUD-EST :
Ati Régional : Andrénor Lundi
Ati Délégué : Osnor Lundi
Ati Délégué : Rosemond Tranquille (pour Jacmel)
1) Jacmel
Ati Louimarc Désir
Ati Déléguée Marie Ange Désir
2) Cayes-Jacmel
Ati Louis Pascal
Ati Délégué Evanès Clervaux
Conseillère : Jean Osler Célestin
Ati Délégué : Lucien Charles
Conseiller : Georges Jean Ocelet
Ati déléguée : Charita Candjo
3) Gaillard
Ati Gérard Sylverain
Ati Délégué : Cérès Andris
4) Cap Rouge
Ati Jean Estanis Brutus
5) Macari
Ati Déléguée : Yvette Dessources
6) Marigot
Ati Joseph Jean Baptiste
Ati Délégué : Jean Boyer
7) Bel Anse
Ati Pasyen Jean Laurent
Ati Délégué : Jean Rosny Jean Pierre
8) Thiotte
Ati Noël Jean Baptiste
Ati Délégué : Oxygène Mardi
9) Marbial
Ati Rodrigue Désir
10)Pérédaux
Ati Luc Kwachi
Ati Délégué : Eris Jeudi
Ati Délégué : Serge Jeudi
III.- Département du Sud
Ati.- Evelyne Beauchamp
IV.- Département de Nippes
Ati Ramon Azor
Ati Déléguée : Nadie Perdriel
V.- Département de la Grande Anse
Ati Hugues Léopold
Ati Délégué : Jean Robert Barbe
VI.- Département de l’Artibonite
Ati Antoine Henri
Ati Déléguée : Jeannette Prévilon
VI.- Département Nord Est
Ati Fritz Etienne
Ati Délégué : Prosper Obed
VII.- Département du Nord Ouest
1- A la Vil O Kan St Louis du Nord
Ati Mme Ducarmel St Louis
Ati Délégué : Mme Mézilia Sanon
2.- Ile de la Tortue
Ati Ernst Oxygénor
Ati Délégué : Claudius Milien
2a) Ile de la Tortue (Zone à Sèvili)
Ati Elson Laurenville
Ati Délégué : Salien Aristide
2b) Ile de la Tortue (Zone Dénannò)
Ati Joanel Laurenville
Ati Déléguée : Mérita Laurenville
3) Jean Rabel
Ati Délégué : Mike Dany Petit-Homme
VIII.- Département du Centre
1) Hinche
Ati Jean Eliadi Dérilus
Ati Délégué : Kendy Dérilus
IX.- Département Haïti d’Outre - Mer
Ati Alourdes Lovinski a.k.a Mama Lola (New York)
Ati Déléguée: Mme Nicole Miller
Ati Leslie Balan Gaubert (
Chicago
)
Ati Paul Noel (
Miami
)
Ati Déléguée: Ingrid LLera
Ati Margaret Armand (Fort Lauderdale)
Ati Déléguée : Carole De Lynch
Ati Pierre Marie Vaugues (Martinique)
Dans les conclusions des statuts de cette Fédération, les Vodouisants louent la grandeur et la splendeur de Dieu et rendent hommage aux Ancêtres des Haïtiens qui ont créé
la Nation
haïtienne, donnant ainsi vie à ce pays que nous aimons et chérissons.
Ils ont aussi compris que c’était une chose de créer une nation et lui donner naissance, et que c’était autre chose de la construire. Il revient donc à tous les enfants de la nation de s’unir pour poursuivre sans relâche et inlassablement cette tâche d’édification.
Les Vodouisants déplorent d’avoir été, depuis 1806, systématiquement exclus des affaires de leur pays par le groupe d’Haïtiens d’une arrogance extrême qui, s’étant emparés par la violence des rênes du pouvoir politique à la mort de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, ont dès lors traité le peuple haïtien de « moun andeyò » ou gens du dehors.
De plus, les Vodouisants ont été continuellement agressés par les agents de religions exogènes, soutenus par les multiples gouvernements qui se sont succédé dans ce pays, et qui n’éprouvèrent jamais aucun scrupule à se montrer racistes envers leurs propres compatriotes.
Ces Chrétiens se sont toujours arrogés tous les droits sous le prétexte ridicule (que seulement eux comprennent) qu’ils sont les fidèles de religions de type apostolique. C’est énorme déni de justice envers le peule haïtien nous a conduit à la faillite globale de toutes les institutions nationales et à l’appauvrissement méthodique de la population sur tous les plans : économique, moral, social et politique.
Les Vodouisants déplorent donc le fait que le monde s’est montré jusqu’ici injuste et peu porteur d’harmonie. Ils constatent qu’en dépit du fait que ces représentants de religions importées affirment pratiquer une religion qui prône la fraternité et l’amour, très peu d’entre eux ont vraiment respecté ces principes, puisqu’ils n’ont fait que trop souvent usage de méthodes brutales et barbares contre les éléments les plus fragilisés du peuple haïtiens.
Aidée et encouragée par les puissances étrangères, cette minorité destructrice n’a jamais marchandé ses actions quand il lui fallait refuser à ses propres concitoyens le droit de se nourrir, de se vêtir, d’envoyer leurs enfants à l’école…, en un mot le droit même de vivre.
On ne pourra pas rendre à la vie tous ceux qui, durant les deux siècles de l’histoire d’Haïti, ont été les victimes de ces actes de violences. Mais il faudra tout de même qu’un geste même symbolique de restitution se fasse.
Il faudra tout au moins une admission par eux d’avoir mal agi, pour s’être constitué ainsi et pendant si longtemps en bourreaux inconsidérés et en prédateurs de leurs frères et de leurs soeurs. Il faudra quand même procéder au nettoyage collectif par un rituel à Simbi Andézo par exemple, et ceci ne sera possible qu’après qu’ils aient reconnu comme vrai leur foi en Dieu et comme authentique, leur foi en la dépendance totale de chaque Haïtien en tous les Haïtiens.
Pour le Vodouisant, tuer ou « déchouquer » au nom d’une religion, c’est prouver que le Dieu de cette religion n’est rien d’autre qu’un démon sanguinaire, auquel il faut offrir des êtres humains en sacrifice!
Par sa culture, l’Haïtien, est un être ouvert et cette ouverture doit porter tous les Haïtiens à se rechercher et à se retrouver dans les autres, et d’abord à trouver cet autre au sein de son peuple, dans son propre pays. Aucun individu, comme aussi aucune société, n’est capable de se réaliser seul, sans entraide et sans ce respect mutuel.
C’est seulement quand ils auront pris ce principe pour base, aussi bien de leur vie personnelle que de l’existence de leur nation, que les Haïtiens arriveront à tisser ensemble leur destinée commune, celle d’un peuple au sein duquel tous les individus auront décidé de vivre en relation harmonieuse les uns avec autres.
Qu’il soit donc aussi, une fois pour toutes, reconnu que c’est grâce aux ressources de sa culture et de sa foi dans les enseignements de ses ancêtres que la patrie haïtienne a pu et pourra garder une place dans l’histoire de l’humanité. Avant l’économie et la politique, c’est la culture qui est le vrai moteur de l’histoire, puisque c’est la culture qui définit les principes des droits propres de l’individu et de la nation, son art de croire et son art de vivre.
La dignité d’un homme et le respect qui lui est dû font parti de ses droits imprescriptibles parce qu’ils lui viennent de Dieu qui a créé l’Homme et l’a humanisé. La démocratie, pour tous les Vodouisants, se base sur cette conviction inébranlable qu’il y a partout, au sein de notre peuple, jusque dans les quartiers les plus misérables, et dans les campagnes les plus éloignées, des hommes et des femmes remarquables.
Aujourd’hui, en Haïti, l’autorité de l’Etat est totalement effondrée : le trafic de la drogue a gangrené les villes et même les campagnes, la bourgeoisie est réduite et contrainte à l’exil, la classe moyenne est annihilée, et Port-au-Prince devient un vaste bidonville où les masses populaires croupissent dans une misère abjecte, et où couve une révolte qui risque bien de nous conduire à une hécatombe.
Mais il est encore temps pour nous tous, Vodouisants ou non, de nous reprendre afin de rechercher ensemble les moyens pacifiques et démocratiques de notre salut.
Courage, courage, « tèt kole », tous, ensemble !
Jouons collectivement ensemble le jeu démocratique qui ne permettra à personne d’être perdant !
Ne perdons rien de notre ardeur et de notre enthousiasme haïtien !
Max G. Beauvoir
15 Septembre 2005
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